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Endométriose : Briser le tabou et trouver des solutions

Vous souffrez de douleurs pelviennes intenses ? Découvrez ce qu'est l'endométriose, ses symptômes et les approches naturelles pour retrouver votre confort.
30 juin 2026 par
Enora BODIN
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📖 Temps de lecture estimé : 15 min

Note : Dans cet article, le terme "femmes" désigne les personnes concernées biologiquement par l’endométriose quelles que soient leur identité ou expression de genre. Les informations partagées ici sont fondées sur des réalités hormonales et physiologiques, elles s'adressent à toute personne vivant cette transition, sans exception

Endométriose : Briser le tabou et trouver des solutions

Vous avez l'impression d'avoir déjà tout essayé ? Vous vous sentez dépassée et seule, découragée face à des douleurs que l'on vous dit "normales" ?

Non, avoir des règles particulièrement douloureuses n'est pas normal , et ce n'est certainement pas "dans votre tête". Si chaque cycle menstruel devient une épreuve que vous redoutez, il est essentiel d'écouter ce que votre corps essaie de vous dire.

Aujourd'hui, l'endométriose touche environ 2 millions de femmes en âge de procréer en France, soit environ une femme sur dix en âge de procréer (chiffre 2025 du Ministère de la Santé). Pourtant, cette maladie gynécologique souffre encore d'un retard de diagnostic moyen de plusieurs années. Des années d'errance médicale, de doutes et de douleurs silencieuses.

L'objectif de cet article est de vous accompagner avec clarté.

 Ma mission est de vous aider à comprendre simplement ce qu'est cette maladie, comment la repérer, et quelles sont les approches médicales et naturelles pour retrouver un équilibre physique, émotionnel et hormonal de façon durable.

Qu'est-ce que l'endométriose exactement ?

Vous vous demandez ce qui se passe réellement à l'intérieur de votre bassin ? Pour comprendre l'endométriose, il faut d'abord observer le fonctionnement naturel de votre cycle menstruel.

Chaque mois, sous l'effet des hormones, la muqueuse qui tapisse l'intérieur de votre utérus (l'endomètre) s'épaissit pour accueillir une éventuelle grossesse. S'il n'y a pas de fécondation, cette muqueuse se détache et s'évacue sous forme de saignements : ce sont les règles.

Cependant, chez les femmes souffrant d'endométriose, des cellules similaires à cet endomètre décident de devenir "nomades". Elles migrent et se développent en dehors de la cavité utérine. Ce tissu endométrial peut alors s'implanter sur divers organes (les ovaires, les trompes de Fallope, le péritoine, voire la vessie ou les intestins).

Le véritable problème réside dans le cycle de la douleur. Ces cellules nomades réagissent exactement de la même manière que l'endomètre utérin aux fluctuations hormonales.

À chaque cycle menstruel, ce tissu s'épaissit, saigne et se désagrège. Mais contrairement au sang menstruel  qui s'évacue par le vagin, ce sang accumulé à l'intérieur de la cavité pelvienne n'a aucune issue. Cela provoque des lésions, des kystes (endométriomes) et une inflammation chronique sévère.

Le corps réagit en créant du tissu cicatriciel et des adhérences, collant parfois les organes entre eux, ce qui explique l'intensité des douleurs ressenties.

Quels sont les différents symptômes de l'endométriose ?

Vous vous sentez perdue face à des maux qui semblent s'accumuler sans lien logique ? L'endométriose est souvent qualifiée de maladie "caméléon". Elle ne se manifeste pas de la même façon chez toutes les femmes, et l'intensité de la douleur n'est pas toujours corrélée à l'étendue des lésions. 

Voici les symptômes les plus fréquents qui doivent attirer votre attention, car l'endométriose ne se résume pas à des douleurs menstruelles.

Les douleurs pelviennes intenses

Le symptôme le plus emblématique de l'endométriose reste la dysménorrhée dite secondaire, c'est-à-dire des douleurs de règles très invalidantes. Il s'agit de douleurs pelviennes aiguës qui ne cèdent pas aux antalgiques classiques (paracétamol, spasfon). Ces douleurs peuvent irradier dans le bas du dos ou jusque dans les jambes. Pour certaines femmes, ces douleurs chroniques s'installent même en dehors de la période des règles, perturbant considérablement le quotidien.

Les douleurs pendant les rapports sexuels

La dyspareunie (douleur pendant ou après les rapports sexuels avec pénétration) est un symptôme extrêmement fréquent mais encore trop souvent passé sous silence à cause du tabou qui l'entoure. Ces douleurs sont souvent ressenties en profondeur (comme un point de blocage) et sont liées à la présence de nodules d'endométriose près du vagin ou des ligaments utéro-sacrés.

Les troubles digestifs et urinaires

Vous souffrez de ballonnements intenses au point de ne plus pouvoir fermer vos pantalons ? Ce phénomène, souvent appelé "endo belly", est très caractéristique. L'endométriose peut également provoquer des douleurs aiguës à la défécation ou à la miction, des diarrhées ou des constipations qui s'accentuent généralement pendant la période menstruelle. Ces symptômes sont souvent confondus à tort avec le syndrome de l'intestin irritable.

Sites d'implantation possibles des lésions endometriales dans le bassin

Taille des lésions et douleur

C'est l'une des vérités les plus importantes à comprendre sur l'endométriose : la taille d'une lésion n'a rien à voir avec l'intensité de la douleur ressentie.

C'est l'une des vérités les plus importantes à comprendre sur l'endométriose : la taille d'une lésion n'a rien à voir avec l'intensité de la douleur ressentie.

La classification chirurgicale de référence, établie par l'ASRM (American Society for Reproductive Medicine), classe l'endométriose en quatre stades selon l'étendue des lésions (minime, légère, modérée, sévère).

Or, cette classification n'est pas corrélée à la symptomatologie ni à l'intensité des douleurs : une patiente de stade I-II peut présenter des douleurs sévères, tandis qu'une patiente de stade III-IV peut être parfaitement asymptomatique.


Ces lésions peuvent se situer à différents endroits dans le bassin (péritoine, vessie, rectum, intestins, ovaires) mais aussi parfois dans de rares cas en dehors du bassin (œsophage, estomac, œil…).

Ce paradoxe apparent a une explication biologique. Des recherches récentes indiquent que les tissus endométriosiques poussent près des nerfs et semblent se connecter à eux.

Ce n'est donc pas la taille de la lésion qui détermine la douleur, mais sa localisation par rapport aux terminaisons nerveuses et son impact sur le système nerveux central.

La douleur persistante peut être secondaire à une sensibilisation centrale du système nerveux. En d'autres termes : après des années de douleurs chroniques, votre cerveau et votre système nerveux ont eux-mêmes été modifiés.

La douleur n'est plus seulement le signal d'une lésion active, elle est devenue un phénomène autonome, ancré dans le système nerveux.

C'est pourquoi les approches de gestion du stress en naturopathie, la sophrologie ou encore des thérapies psychocorporelles ne sont pas de la médecine douce en option, mais des outils thérapeutiquement cohérents.

💡Ce mécanisme explique aussi pourquoi une chirurgie réussie ne supprime pas toujours les douleurs  et pourquoi un accompagnement global (naturopathique, psychologique, corporel) garde toute sa pertinence même après une intervention.

Si vous souhaitez en savoir plus et voir à quoi ressemble des lésions d’endométriose, le site de lInstitut Franco-Européen Multidisciplinaire d’Endométriose (IFEM Endo) propose des photos ainsi que des vidéos de coelioscopie. Attention tout de même, si vous êtes sensibles, ces images peuvent être impressionnantes.  

Comment se déroule le diagnostic de l'endométriose ?

Vous vous sentez incomprise face à un parcours médical qui s'éternise ? Abréger l'errance médicale est une priorité. Savoir vers qui se tourner et quels examens demander est la première étape pour reprendre le contrôle de votre santé.

Les professionnels de santé de premier recours

La première étape consiste à consulter un professionnel sensibilisé à la maladie. Une sage-femme, un gynécologue ou un médecin traitant formé saura écouter la description de vos douleurs, réaliser un interrogatoire ciblé et orienter la suite du diagnostic. L'écoute et la validation de votre souffrance sont primordiales à ce stade.

Les examens d'imagerie clés

Si une suspicion d'endométriose est soulevée, deux examens de référence existent. Le premier est l'échographie pelvienne endovaginale spécialisée, réalisée par un échographiste expert. 

Le second est l'IRM pelvienne (Imagerie par Résonance Magnétique), qui permet une cartographie précise des lésions, des kystes et des nodules, même les plus profonds. 

L'expertise du radiologue est ici cruciale pour ne pas passer à côté de lésions subtiles. Ces examens peuvent toutefois ne pas suffir car certaines lésions ne sont pas visibles sur les imageries. 

S'appuyer sur les réseaux de santé national et local

N'hésitez pas à vous tourner vers les filières de soins spécialisées. Des associations de patientes comme EndoFrance ou EndoMind font un travail remarquable pour informer et orienter.. 

Depuis la Stratégie nationale de lutte contre l'endométriose lancée en janvier 2022, la France s'est dotée d'un maillage territorial organisé en filières régionales de soins, coordonnées par les Agences Régionales de Santé (ARS). 

L'objectif est clair : en finir avec l'errance médicale en structurant un parcours gradué en trois niveaux : du médecin de premier recours formé (niveau 1), au centre multidisciplinaire départemental (niveau 2), jusqu'au centre expert régional de recours chirurgical (niveau 3).

Le test salivaire Endotest : la révolution du diagnostic non invasif

Imaginez : ne plus subir d'examen clinique invasif pour obtenir enfin un diagnostic. C'est ce que promet l'Endotest®, un test salivaire mis au point par la biotech française Ziwig.

Comment ça marche ? Le test s'appuie sur les microARN (miARN), de petits ARN non codants présents dans la salive, dont la signature change de façon caractéristique chez les femmes atteintes d'endométriose. Deux technologies de pointe ont été mobilisées : le séquençage à haut débit et l'intelligence artificielle pour traiter les données. Le résultat final est obtenu en 7 jours à partir d'un simple prélèvement salivaire.

L'étude de validation prospective multicentrique ENDOmiRNA, menée dans 17 centres français et publiée dans le New England Journal of Medicine Evidence fin octobre 2025, a établi une sensibilité de 97,3 % et une spécificité de 94,1 %. Plus parlant encore : les taux de mauvaise classification du stade d'endométriose étaient de 4,6 % avec l'Endotest, contre 27,2 % pour l'imagerie seule (IRM + échographie).

Et en France, concrètement ? Depuis le 11 février 2025, le test est pris en charge de façon dérogatoire par l'Assurance maladie dans le cadre du forfait innovation, dans le cadre d'une étude clinique. Cette étude porte sur 2 500 patientes en un an, mais 25 000 patientes au total peuvent bénéficier du test gratuitement (coût de 839 € pris en charge).

Pour connaitre les centres en France qui participent à cette étude (liste complétée et mise à jour en mars 2025) : https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/listedes100centres.pdf 

Toutefois, l'Endotest est utilisé en troisième intention, chez des patientes présentant des symptômes invalidants évocateurs d'endométriose et dont l'IRM ne révèle pas de lésions. Il n'a donc pas vocation à remplacer l'imagerie de première ligne, mais à éviter le recours à la coelioscopie diagnostique dans les situations ambiguës, là où l'errance médicale s'installe le plus cruellement.

⚠️ La HAS reste prudente sur le remboursement de droit commun : des données complémentaires d'utilité clinique en vie réelle sont encore attendues. À ce stade, les résultats de l'étude clinique en cours permettront de statuer sur une prise en charge pérenne.

Quelles sont les solutions pour soulager l'endométriose au quotidien ?

Vous avez l'impression que la maladie dicte votre vie ? S'il n'existe pas encore de traitement curatif définitif, une prise en charge globale permet de gérer efficacement les symptômes et de retrouver une qualité de vie sereine.

L'approche la plus pertinente combine la médecine allopathique et des méthodes naturelles et complémentaires.

Les options médicales classiques

Le parcours médical propose différentes stratégies selon vos désirs de grossesse et l'intensité de vos douleurs.

  • Les traitements hormonaux (pilule en continu, stérilet hormonal, progestatifs) : L'objectif est de supprimer les menstruations (aménorrhée) pour priver les lésions d'endométriose de leur "carburant" hormonal et stopper les saignements internes.
  • La gestion de la douleur : L'utilisation d'antalgiques et d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour calmer les crises aiguës.
  • La chirurgie : L'exérèse des lésions par cœlioscopie est réservée à des cas spécifiques, souvent complexes, où les organes sont menacés ou dans le cadre de parcours de fertilité précis.

Avancées thérapeutiques

Et si l'une des avancées les plus prometteuses contre l'endométriose digestive ne venait pas d'un nouveau médicament, mais d'une technologie empruntée… à la cancérologie de la prostate ? C'est le pari audacieux du Pr Gil Dubernard, gynécologue à l'Hôpital de la Croix-Rousse (HCL, Lyon), qui a détourné le dispositif Focal One® de son indication première pour l'appliquer à l'endométriose infiltrant le rectum.

Cette technique innovante repose sur des ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU), diffusés par voie endorectale directement sur les lésions endométriosiques, avec pour objectif de les dévitaliser. Le traitement ne dure que quelques minutes, est réalisé en ambulatoire, et les patientes quittent l'hôpital quelques heures après avec une réduction rapide des douleurs et sans altération de leur fertilité.

Ce qui distingue radicalement cette approche de la chirurgie classique : zéro scalpel, zéro cicatrice, zéro stomie.L'ancienne intervention de référence durait 4 à 6 heures et entraînait dans près d'un cas sur deux la pose d'un anus artificiel temporaire, ainsi qu'un risque important de fistule.

Après des études menées sur plus de 140 patientes entre 2015 et 2024 dans 8 centres français experts (Paris, Lille, Angers, Strasbourg, Clermont-Ferrand, Aix-en-Provence, Toulouse, Bordeaux), démontrant une efficacité et une tolérance excellentes, le traitement HIFU a obtenu la norme CE en mars 2025.

Concrètement, cette technique s'adresse aux patientes atteintes d'endométriose digestive (atteinte rectale), une forme qui touche environ une femme endométriosique sur cinq. L'indication est évaluée dans le cadre d'un parcours spécialisé incluant un bilan pré-thérapeutique complet.

https://www.youtube.com/watch?v=Bk9vU_CtLDk&t=32s

Les approches naturelles et l'hygiène de vie

Plusieurs approches peut aider à soulager l’endométriose, mais l’axe prioritaire abordé en Naturopathie est de calmer le terrain inflammatoire :

  • L'alimentation anti-inflammatoire : La nutrition est un levier puissant et documenté. Il s'agit de réduire la consommation d'aliments pro-inflammatoires (sucre raffiné, produits laitiers de vache, gluten en excès, viandes rouges) et de miser massivement sur les acides gras essentiels (oméga-3)

Les femmes qui en consomment le plus ont 22 % moins de risque de présenter une endométriose selon une étude suivant 1 199 patientes sur 12 ans. Les légumes frais, les épices antioxydantes (curcuma, gingembre) et les vitamines C et E ont également montré des effets positifs sur la douleur pelvienne dans plusieurs méta-analyses.


  • Le mouvement doux : Lorsque la douleur fige le corps, le mouvement le libère, à condition de choisir avec soin. Le yoga, le Pilates et les étirements ciblés permettent de relâcher les tensions du bassin et de détendre le psoas. 

Les études disponibles, dont une méta-analyse publiée dans PLOS ONE en 2025, confirment un effet positif sur la douleur et la qualité de vie, tandis que les activités cardio-vasculaires intenses seules sont à aborder avec prudence.


  • Les thérapies manuelles et alternatives : L'ostéopathie viscérale voire intra-vaginale, la kinésithérapie pelvienne ou la micro-kiné sont de précieuses alliées pour assouplir les adhérences tissulaires. 

Au quotidien, l'utilisation de la chaleur (bouillotte, patchs chauffants) ou du TENS (neurostimulation électrique transcutanée) permet de soulager le système nerveux local. Les techniques d'hydrologie comme les bains de siège ou la cryothérapie périnéale peuvent être aussi des outils intéressants pour soulager les douleurs et baisser l'inflammation.


  • La gestion du système nerveux : L'inflammation chronique crée un stress permanent qui, en retour, amplifie la perception de la douleur, un mécanisme biologiquement démontré. Des techniques comme la sophrologie, la cohérence cardiaque ou la méditation aident à modifier la perception de la douleur chronique par le cerveau et à abaisser le niveau de cortisol (hormone du stress).

Schéma pour calmer le terrain inflammatoire

Reprenons ensemble les rênes de votre bien-être.​

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En France, le retard de diagnostic de l'endométriose est estimé à environ 7 ans. Ce délai s'explique par la banalisation des douleurs menstruelles et par la nécessité de consulter des radiologues spécifiquement formés pour repérer les lésions à l'IRM ou à l'échographie

Non, l'endométriose ne rend pas systématiquement stérile. Bien qu'elle puisse complexifier la conception (entre 30% et 40% des femmes atteintes rencontrent des difficultés de fertilité), de très nombreuses femmes atteintes d'endométriose mènent des grossesses à terme, naturellement ou avec l'aide de la médecine de la reproduction.

La naturopathie ne guérit pas l'endométriose, qui reste une maladie chronique. En revanche, un accompagnement naturopathique personnalisé (alimentation anti-inflammatoire, gestion du stress, soutien hépatique) permet de réduire drastiquement l'inflammation, de diminuer l'intensité des douleurs et d'améliorer considérablement la qualité de vie globale.

La dimension psychologique et émotionnelle de l’endométriose

On parle beaucoup de ce que l'endométriose fait au corps. Bien moins de ce qu'elle inflige à la santé mentale. Pourtant, le fardeau psychologique de cette maladie est l'un des plus lourds à porter et l'un des moins reconnus.

Une revue de la littérature de 2023 rapporte que plus de 77 % des patientes atteintes d'endométriose présentent simultanément des symptômes d'anxiété et de dépression, soulignant une forte comorbidité. 

Ces chiffres sont insupportables mais ils ne surprendront pas celles qui vivent avec la maladie. Car avant même que le diagnostic soit posé, il y a les années d'errance. 

Les années à entendre que "c'est normal d'avoir mal", que "toutes les femmes ont des douleurs de règles", que "c'est dans la tête". Ces années-là abîment. Elles creusent un doute profond en soi, une méfiance envers son propre corps et envers le corps médical.

Un cercle vicieux peut s'installer : les douleurs pelviennes, renforcées par le stress, provoquent une fatigue chronique, elle-même alimentée par la frustration et l'épuisement mental, qui conduit à des états anxieux susceptibles d'évoluer vers la dépression. 


L'anxiété d'anticipation : redouter les règles des semaines à l'avance, planifier sa vie autour des crises, annuler des engagements professionnels ou sociaux et tout cela est une forme de souffrance psychologique à part entière, souvent invisibilisée.

Plus tôt dans l'article nous parlions de dyspareunie (douleur lors des rapports sexuels) mais ce n'est pas qu'un symptôme physique. Elle touche à l'intimité, à la confiance en soi, à la relation de couple, au sentiment d'être "normale". 

L'endométriose s'immisce dans la sexualité, parfois dans le désir de maternité, et souvent dans l'image de soi en tant que femme. Ces dimensions sont rarement abordées en consultation, et pourtant elles méritent une place centrale dans la prise en charge.

Endométriose et dépression : un gène en commun

Une étude épidémiologique et génétique menée au Royaume-Uni sur plus de 200 000 patientes confirme que l'endométriose multiplie par 3,61 le risque de dépression, par 2,61 le risque d'anxiété, et par 2,94 le risque de troubles du comportement alimentaire. 

Ces chiffres ne sont pas anodins  et ce qui les rend encore plus signifiants, c'est la nature de ce lien : l'analyse génomique de cette même étude a permis d'identifier un gène (dit pléiotrope), s'exprimant à la fois dans l'endométriose et dans la dépression. L'impact psychologique ne relèverait donc pas uniquement du ressenti individuel des patientes, mais aussi d'un substrat biologique commun. Autrement dit, c’est une réalité physiologique.​

Retrouver votre pouvoir face à l'endométriose

L'endométriose est un combat invisible au quotidien, une pathologie complexe qui exige beaucoup de votre corps et de votre esprit. Heureusement depuis les dernières années, la parole se libère enfin. Les prises en charge deviennent de plus en plus globales, reconnaissant que vous n'êtes pas qu'un utérus douloureux ou qui "exagère", mais une personne entière nécessitant une écoute attentive.

Vous n'avez pas à traverser cette épreuve de manière isolée. Il existe des professionnels, des associations et des solutions concrètes pour apaiser ce terrain inflammatoire et retrouver une vie plus douce.

Prendre soin de la dimension psychologique n'est pas un "à-côté" : c'est une composante thérapeutique à part entière. En consultation, je prends le temps d'explorer cette dimension souvent tue : comment la maladie a reconfiguré votre rapport à vous-même, à votre corps, à votre cycle.

Des techniques comme la cohérence cardiaque, la méditation de pleine conscience ou la sophrologie ne sont pas de la "gestion du stress" au sens banal du terme : elles agissent sur la neurobiologie de la douleur chronique, en modulant la sensibilisation centrale du système nerveux.

Si vous sentez que la maladie a aussi laissé des traces sur votre santé mentale, sachez que ce n'est ni une faiblesse, ni une coïncidence, c'est de la biologie. Et c'est quelque chose dont on peut aussi s'occuper, avec douceur et méthode.

Si vous souffrez d'endométriose, quelle est l'astuce, l'habitude ou la thérapie qui vous soulage le plus au quotidien ? Partagez-la en commentaire pour aider et inspirer la communauté.

Vous souhaitez aller plus loin et mettre en place une stratégie naturelle et personnalisée pour apaiser vos douleurs ?

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Bibliographie : 


Arrêté du 6 février 2025 relatif à la prise en charge d'Endotest® au titre du forfait innovation. Journal Officiel, 11 février 2025. https://sante.gouv.fr/actualites-presse/presse/communiques-de-presse/article/diagnostic-de-l-endometriose-catherine-vautrin-et-yannick-neuder-actent-la (test salivaire — cadre réglementaire)

Artacho-Cordón F, Salinas-Asensio MDM, Galiano-Castillo N, Ocón-Hernández O, Peinado FM, Mundo-López A, Lozano-Lozano M, Álvarez-Salvago F, Arroyo-Morales M, Fernández-Lao C, Cantarero-Villanueva I. Effect of a Multimodal Supervised Therapeutic Exercise Program on Quality of Life, Pain, and Lumbopelvic Impairments in Women With Endometriosis Unresponsive​ to Conventional Therapy: A Randomized Controlled Trial. Arch Phys Med Rehabil. 2023 Nov;104(11):1785-1795. doi: 10.1016/j.apmr.2023.06.020. Epub 2023 Jul 17. PMID: 37467936. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37467936/  (activité physique — essai randomisé)

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CHU de Lyon / Hospices Civils de Lyon. Utilisation d'ondes HIFU pour traiter l'endométriose. Disponible sur : https://www.chu-lyon.fr/utilisation-dondes-hifu-pour-traiter-lendometriose . Mis à jour mars 2026. (traitement HIFU — présentation clinique)

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Direction des Sports / Ministère des Sports. En mouvement avec l'endométriose : Guide national d'activité physique adaptée. Gouvernement français, 2023. Disponible sur : https://www.sports.gouv.fr/sites/default/files/2025-02/t-l-charger-le-guide-en-mouvement-avec-l-endom-triose--10807.pdf  (activité physique adaptée — recommandations)

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Fondation pour la Recherche sur l'Endométriose. Appel à projets 2023 : projet du Dr Nyangoh Timoh, INSERM MediCIS, Rennes. Disponible sur : https://www.fondation-endometriose.org/recherche/projets/endomanat/  (innervation utérine — recherche fondamentale)

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HAS — Haute Autorité de Santé. Avis n°2024.0066/AC/SEAP du 17 octobre 2024 relatif à la prise en charge dérogatoire d'Endotest®. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3486036/fr/evaluation-du-test-salivaire-endotest-dans-les-situations-complexes-de-diagnostic-d-endometriose (test salivaire — avis HAS)

INSERM — Canal Détox. Diagnostiquer l'endométriose avec un test salivaire, vraiment ? Septembre 2025. Disponible sur : https://presse.inserm.fr/canal-detox/diagnostiquer-lendometriose-avec-un-test-salivaire-vraiment-un-point-sur-les-nouvelles-donnees/ (test salivaire — analyse critique)

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IRESP. Questions de Santé Publique n°48, juillet 2024. https://iresp.net/wp-content/uploads/2024/07/QSP48_Web_Meta_IRESP_48_2024048.pdf(classification des lésions — absence de corrélation avec la douleur)

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Enora BODIN 30 juin 2026
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