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Guide Ultime du Cycle Menstruel : Comprendre vos Phases

Vous avez l'impression de subir votre cycle menstruel ? Découvrez comment comprendre vos hormones et retrouver un équilibre physique et émotionnel durable.
20 juin 2026 par
Enora BODIN
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📖 Temps de lecture estimé : 10 min


Enora BAUDIN

 Docteur en Science Biologie et Naturopathe en Santé féminine

J'ai décidé de me tourner vers la Naturopathie pour accompagner les femmes. Forte de mes études universitaires (année de médecine puis parcours en Biologie Santé) et de ma curiosité pour la santé naturelle,  je propose une naturopathie moderne et scientifique pour un  accompagnement complet avec douceur et empathie. 

Je propose des séances à distance par visio où que vous soyez en France ou dans le Monde. J'exerce également par en présentiel à Lalinde (à 20 minutes de Bergerac), mais aussi une fois par mois au Bugue (à 30 minutes de Sarlat). 

Guide ultime du cycle menstruel : comprendre vos phases


Réponse rapide : Le cycle menstruel est un processus biologique de 21 à 35 jours divisé en quatre phases : menstruelle, folliculaire, ovulatoire et lutéale. Géré par l'axe hypothalamus-hypophyse et les ovaires, il influence directement votre énergie et vos émotions. 

Comprendre ces fluctuations hormonales permet d'adapter votre hygiène de vie et de soulager naturellement les symptômes.

Le cycle menstruel est bien plus que la simple survenue des règles. C'est le « cinquième signe vital » de la femme, un véritable baromètre de votre santé générale (physique, mentale, émotionnelle…).

Vous vous sentez seule face à tout ça ? Vous avez l'impression de subir vos montagnes russes hormonales chaque mois ? Trop de femmes vivent avec des désagréments (douleurs, SPM, fatigue extrême…) en pensant que « c'est normal ».

On nous apprend souvent à gérer les saignements, à les masquer et vivre comme si nous n'avions pas nos règles. Par contre, il est plus rare qu'on aide les femmes à comprendre leurs hormones qui dictent notre immunité, notre humeur et notre énergie tout au long du mois.

Ma mission est de vous aider à retrouver un équilibre physique, émotionnel et hormonal de façon durable. Ce guide complet va décortiquer le fonctionnement biologique de votre corps, explorer les causes des principaux dérèglements, et vous donner les clés pour retrouver un cycle harmonieux. Pour cela, je propose une naturopathie moderne et scientifique pour un accompagnement complet avec douceur et empathie

💡 Le saviez-vous ? En 2015, le cycle menstruel est considéré comme le 5e des signes vitaux par le Collège Américain des Obstétriciens et Gynécologues, au même titre que la température, la pression artérielle, la tension ou encore la respiration.

Qu’est-ce que le cycle menstruel et combien de temps dure-t-il ?

Vous pensez que votre cycle doit obligatoirement durer 28 jours ? Il est temps de casser cette idée reçue. Un cycle menstruel sain et naturel dure généralement entre 21 et 35 jours, avec une variabilité tout à fait normale d'une femme à l'autre.

Pour bien le comprendre, il faut savoir comment le compter. Le point de départ, ou Jour 1, correspond toujours au premier jour des règles franches (les saignements rouge vif), et non aux légères pertes ou spottings qui peuvent les précéder.

Ce rythme mensuel est dirigé par un dialogue constant entre votre cerveau (l'axe hypothalamus-hypophyse) et vos ovaires. Deux hormones principales agissent comme les chefs d'orchestre de cette danse intérieure :

  • Les œstrogènes : hormones de l'élan, de l'énergie et de la reconstruction tissulaire.
  • La progestérone : hormone de la nidation, du calme et de la relaxation (et de la thermorégulation du corps).

Associées à ces hormones, deux messagers agissent au niveau cérébral :

  • La LH (Hormone Lutéinisante) : déclenche l'ovulation lors d'un pic brutal à mi-cycle.
  • La FSH (Hormone Folliculo-Stimulante) : stimule la maturation des follicules ovariens en début de phase folliculaire.

Quelles sont les 4 phases du cycle menstruel (la théorie des 4 saisons) ?

Chaque phase du cycle féminin peut être comparée à une saison de la nature

Cette métaphore, popularisée notamment par Miranda Gray et intégrée dans les approches de naturopathie cyclique, vous invite à vous reconnecter à vos propres rythmes biologiques plutôt qu'à lutter contre eux. À chaque saison correspond également un archétype féminin et, dans la tradition ayurvédique, un dosha dominant.

Phase Menstruelle : L'Hiver intérieur (Jours 1–5)

📌 Archétype : la Sorcière / Saison : Hiver / Dosha : Vata.

Si l'ovule n'a pas été fécondé, le corps subit une chute brutale de la progestérone et des œstrogènes. Cette baisse hormonale provoque la desquamation de l'endomètre (la muqueuse utérine), ce qui déclenche les saignements.

Vous vous sentez fatiguée ? C'est une réaction physiologique normale. Votre énergie est au plus bas, appelant à un besoin de retrait, d'introspection et de repos.

Pour vous accompagner durant cette phase, ralentissez le sport intensif, privilégiez le sommeil et le repos, réchauffez votre corps (bouillotte, tisanes…) et misez sur des aliments riches en fer et en vitamine C pour compenser les pertes. Côté mouvement, préférez le yoga somatique, les étirements doux ou simplement la marche lente en nature.

Phase Folliculaire - Le Printemps intérieur (Jours 6 – 13)


📌Archétype : la Jeune Fille / Saison : Printemps / Dosha : Kapha.


Dès la fin des règles, le cerveau sécrète de la FSH (Hormone Folliculo-Stimulante) pour faire maturer de nouveaux follicules dans les ovaires. Les taux d'œstrogènes remontent en flèche pour épaissir à nouveau l'endomètre.

Vous sentez cette nouvelle motivation qui vous envahit ? Cette phase apporte un regain de vitalité, une sociabilité en hausse, une belle clarté mentale et une augmentation de la libido. Les œstrogènes stimulent aussi la synthèse de sérotonine et de dopamine, ce qui explique cette sensation de légèreté et d'enthousiasme caractéristique du printemps hormonal.

C’est le moment idéal pour lancer des projets, reprendre une activité physique plus intense (cardio, HIIT…) et soutenir la croissance cellulaire avec une alimentation colorée et riche en antioxydants.

Phase Ovulatoire - L'Été intérieur (Jours 14 –17)


📌Archétype : la Mère / Saison : Été / Dosha : Pitta.

Le pic d'œstrogènes atteint son maximum, déclenchant une décharge de LH (Hormone Lutéinisante). Votre taux de testostérone bat aussi son plein. Le follicule mûr libère alors l'ovule. C'est votre fenêtre de fertilité.

Selon les études scientifiques, l'ovule vit seulement entre 12 et 24 heures, mais les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu'à 5 jours dans la glaire cervicale qui encadre l’ovulation. 

💡Glaire cervicale et fertilité : La glaire cervicale est une substance sécrétée au niveau du col de l’utérus. En dehors de la fenêtre de fertilité, elle est un environnement hostile pour les spermatozoïdes, lesquels ne survivent pas plus de 15 minutes. Lorsque l’ovulation est imminente, la glaire cervicale change de composition et devient une source nutritive pour les spermatozoïdes, assurant leur survie pour privilégier une fécondation. 

Votre confiance en vous est à son apogée. Votre force physique est optimale et votre communication est particulièrement fluide.

Profitez de cette belle énergie pour vos relations sociales et apprenez à observer votre glaire cervicale (qui prend l'aspect d'un blanc d'œuf cru, voire un aspect huileux) pour repérer votre fertilité.

Phase Lutéale - L'Automne intérieur (Jours 18–23)


📌Archétype : l'Enchanteresse / Saison : Automne / Dosha : Vata.


Après l'ovulation, le follicule vide se transforme en "corps jaune" et sécrète massivement de la progestérone pour préparer l'utérus à une éventuelle grossesse.

Le rythme ralentit naturellement. Si vos hormones sont déséquilibrées (avec trop d'œstrogènes par rapport à la progestérone), c'est souvent ici que s'installe le fameux Syndrome Prémenstruel (hypersensibilité, irritabilité, fringales de sucre…). La progestérone a, lorsqu'elle est bien sécrétée, un effet naturellement apaisant et légèrement sédatif, c'est l'hormone qui vous invite à ralentir, à vous tourner vers l'intérieur, à prioriser.

Il est conseillé de pratiquer des activités douces (yin yoga, marche…), de lever le pied sur vos engagements et de chouchouter votre foie pour l'aider à éliminer les excès hormonaux.

Une 5e phase ? La chute prémenstruelle (Jours 24–28)

Si la phase lutéale est souvent vue comme une seule entité, il est cliniquement pertinent d'en distinguer une sous-phase finale : les 5 à 6 jours qui précèdent les règles, marqués par une chute simultanée des œstrogènes et de la progestérone.

Cette double chute hormonale entraîne une cascade de réactions : la sérotonine diminue (humeur plus fragile, fringales de sucre), la dopamine baisse (moins de motivation), et la sensibilité aux variations de glycémie augmente. C'est la période où les symptômes du SPM, quand ils existent, sont les plus intenses.

Sur le plan physiologique, l'utérus commence à réduire la vascularisation de l'endomètre, se préparant à l'élimination. Le corps entre dans une forme de veille active.


Cette phase n'est pas une anomalie ni un signe de faiblesse. C'est un signal biologique demandant un soin maximal : réduire les engagements, éviter alcool et caféine (qui aggravent les fluctuations de glycémie et le travail hépatique), privilégier la chaleur, les aliments riches en magnésium (chocolat noir, légumineuses, oléagineux) et en tryptophane (précurseur de la sérotonine). Soutenir le foie dans cette phase est essentiel pour faciliter l'élimination hormonale.

💡L'Ayurvéda et le cycle féminin

La médecine traditionnelle indienne (Ayurvéda) décrit trois énergies vitales fondamentales appelées doshas : Vata (air et éther : mouvement, légèreté), Pitta (feu et eau : transformation, chaleur) et Kapha (terre et eau : cohésion, structure). Chaque individu possède sa propre combinaison de ces trois doshas, qui influence sa physiologie, son tempérament et ses besoins.

Appliqués au cycle féminin, les doshas offrent une lecture complémentaire de nos phases : Kapha domine la phase folliculaire (construction, croissance), Pitta la phase ovulatoire et le début de la phase lutéale (transformation, chaleur, intensité), et Vata prend le relais lors des menstruations, et dans les jours qui les précèdent, ce qui explique en partie l'agitation, la frilosité et le besoin de ralentir caractéristiques de cette période.

Cette lecture n'est pas à prendre comme un système rigide : chaque femme a sa propre constitution doshique de naissance, qui colore sa façon de vivre chacune de ces phases. C'est une invitation supplémentaire à se connaître, pas une case dans laquelle entrer.

Pour aller plus loin, je vous recommande vivement la lecture du livre de Féminité & Ayurveda par Krystine St-Laurent, Éditions de l'Homme, 2022.

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Quels sont les dérèglements fréquents du cycle menstruel ?

Le Syndrome Prémenstruel (SPM) est-il une fatalité ?

Vous appréhendez la semaine précédant vos règles ? Le SPM n'est pas une fatalité que vous devez supporter en silence.

Sa cause principale est souvent une hyperœstrogénie relative (un excès d'œstrogènes couplé à un manque de progestérone). Elle peut également être dûe à une ovulation de mauvaise qualité et ainsi une mauvaise sécrétion de progestérone. Le rôle de l'œstrobolome, l'ensemble des bactéries intestinales capables de métaboliser les œstrogènes, est ici fondamental : un microbiote déséquilibré peut réactiver des œstrogènes déjà traités par le foie et les remettre en circulation, aggravant le tableau hormonal. Voir la section dédiée ci-dessous.

Cela se traduit par une liste de symptômes à la fois physiques et psychologiques (seins douloureux, ballonnements, anxiété, sautes d'humeur…).

Pourquoi avez-vous des règles douloureuses (dysménorrhée) ?

Il est capital de le rappeler : avoir mal à en pleurer pendant ses règles n’est PAS normal. Ces douleurs sont généralement causées par les prostaglandines, des molécules qui font contracter l'utérus et créent une inflammation locale. Si la douleur devient invalidante, il est indispensable de consulter un médecin ou un gynécologue pour écarter une pathologie comme l'endométriose.

Quelles sont les causes d'un cycle irrégulier ou d'une aménorrhée ?

L'absence de règles (aménorrhée) ou leur grande irrégularité montre que le corps se met en pause.

Plusieurs facteurs peuvent bloquer l'ovulation : le stress chronique (le cortisol bloque les hormones reproductives), des restrictions alimentaires drastiques (le corps se met en mode survie), ou encore le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK).

Comment retrouver un cycle menstruel harmonieux naturellement ?

Comment adapter son alimentation selon les phases du cycle (Cycle Syncing) ?

L'alimentation joue un rôle fondamental. Le "Cycle Syncing" consiste à adapter votre assiette à vos besoins hormonaux.

Par exemple, il est bénéfique de consommer des légumes crucifères (brocoli, chou-fleur, radis…) en phase lutéale pour aider le foie à métaboliser les œstrogènes. N'oubliez pas non plus d'intégrer de bons lipides (avocat, huiles végétales de qualité…) essentiels pour la fabrication de vos hormones.

En phase prémenstruelle, misez sur les aliments riches en magnésium (chocolat noir, graines de courge, légumineuses) et en tryptophane (dinde, œufs, banane) pour soutenir la production de sérotonine et limiter les fringales.

Quelles plantes utiliser en phytothérapie pour soulager le cycle ?

La nature offre des aides précieuses pour la sphère féminine, à utiliser avec précaution et discernement :

  • Gattilier (Vitex agnus-castus) : Plante reine pour stimuler la progestérone et calmer le SPM. Il agit sur l'axe hypophysaire en stimulant la sécrétion de LH, favorisant indirectement la production de progestérone. Indiqué dans les insuffisances lutéales et les cycles irréguliers.
    ⚠ Contre-indiqué sous contraception hormonale et en cas de grossesse.
  • Feuilles de framboisier (Rubus idaeus) : Idéales pour tonifier et détendre l'utérus (effet anti-douleur). Leur richesse en fragarine (un alcaloïde) agit comme antispasmodique sur le muscle lisse utérin.
    À éviter au premier trimestre de grossesse.
  • Alchémille (Alchemilla vulgaris) : Reconnue pour réguler les saignements trop abondants. Sa richesse en tanins astringents en fait un allié précieux en cas de ménorragies. Également intéressante en périménopause.
  • Achillée millefeuille (Achillea millefolium) : antispasmodique et régulatrice du flux, très utilisée en naturopathie féminine pour les règles douloureuses et irrégulières. Bien tolérée, elle peut être associée aux autres plantes du cycle.
  • Huile d'onagre (Oenothera biennis) : riche en acide gamma-linolénique (GLA), précurseur de prostaglandines anti-inflammatoires. Utile pour réduire les douleurs et la tension mammaire en phase lutéale.

⚠️ Attention aux contre-indications et usages des plantes

Naturel ne veut pas dire sans danger ! Les plantes médicinales sont des substances actives. Certaines sont contre-indiquées en cas de grossesse, d'allaitement, de traitements hormonaux ou de pathologies spécifiques. Il est fortement conseillé de ne pas s'auto-prescrire et de demander l'avis d'un professionnel de santé formé en phytothérapie.

J’insiste vraiment là-dessus, car trop de consultantes viennent me voir en ayant souhaité bien faire et en commençant avant nos séances l’usage de plantes, mais certaines présentaient, sans le savoir, des contre-indications pour certaines plantes. Heureusement j’ai pu les alerter à temps et éviter le pire, mais faites bien attention à l’usage des plantes et même à l’auto complémentation au sens large.

Quel est l'impact du stress et du foie sur les hormones féminines ?

Un foie surchargé entraîne souvent un cycle douloureux, car c'est cet organe qui est chargé de recycler les hormones usagées et notamment les oestrogènes. Par ailleurs, le système nerveux a un impact direct sur votre équilibre : un stress chronique pousse votre corps à "voler" votre progestérone pour fabriquer du cortisol (l'hormone du stress).


📌 L'œstrobolome : quand votre microbiote influence vos hormones

L'œstrobolome désigne l'ensemble des bactéries du microbiote intestinal capables de métaboliser les œstrogènes. Ces bactéries produisent notamment une enzyme clé : la bêta-glucuronidase. Cette enzyme peut « déconjuguer » les œstrogènes que le foie avait pris soin de rendre inactifs pour les éliminer via les selles, et les remettre en circulation dans le sang sous leur forme active.

Résultat : un microbiote intestinal déséquilibré (dysbiose) peut conduire à un excès d'œstrogènes circulants, phénomène appelé hyperœstrogénie, contribuant au SPM, aux fibromes utérins, à l'endométriose, voire à certains troubles de la fertilité.

Prendre soin de son microbiote fait donc partie intégrante du soin hormonal : alimentation riche en fibres prébiotiques (légumineuses, poireaux, ail, artichaut), réduction des perturbateurs endocriniens alimentaires, et si nécessaire, cure ciblée de probiotiques sous supervision d'un professionnel.

🔬 En pratique : Si vous souffrez de SPM sévère, de règles abondantes ou d'un excès d'œstrogènes malgré un foie soutenu, pensez à évaluer votre santé intestinale. Le lien microbiote-hormones est aujourd'hui bien documenté dans la littérature scientifique.

Vous vous sentez démunie pour suivre toutes ces variations ? Pour vous aider à noter vos symptômes, repérer vos phases et devenir l'experte de votre propre corps, découvrez nos outils adaptés. .

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Quelle est la différence entre un cycle sous pilule contraceptive et un cycle naturel ?

Vous vous demandez si vous avez un vrai cycle sous pilule ? La réponse est non. Il existe une différence majeure entre de vraies menstruations et les saignements sous contraception hormonale.

  • La pilule bloque l'ovulation grâce à des hormones de synthèse.
  • Les saignements que vous observez pendant la semaine d’arrêt sont en réalité des « hémorragies de privation », créées artificiellement par la chute brutale des hormones de synthèse. Il n’y a donc pas de véritable fluctuation saisonnière ni de production de progestérone naturelle. Ces saignements de privation n’ont aucune fonction physiologique propre.

🗞️Pourquoi alors cette semaine d’arrêt a-t-elle été créée ?

La réponse est historique et plutôt fascinante. Les premières pilules, dans les années 1960, étaient prises en continu et ne provoquaient aucun saignement. C’est le Dr John Rock, catholique fervent et co-créateur de la pilule Enovid, qui a conçu la pause de 7 jours dans le but stratégique de convaincre le Vatican que la pilule respectait le cycle naturel de la femme  et donc qu’elle était compatible avec la doctrine catholique. Comme le rappelle le Pr John Guillemand, spécialiste de santé reproductive, Rock « pensait que s’il imitait le cycle naturel, le pape l’accepterait ». Sa tentative échoua : l’encyclique Humanae Vitae de 1968 condamna définitivement la contraception. Mais la pause de 7 jours, elle, resta et avec elle, la confusion entre hémorragie de privation et vraies règles.

Il n’existe aujourd’hui aucune raison médicale ou scientifique justifiant cette semaine d’arrêt. Il est tout à fait possible de prendre certaines pilules en continu, sans interruption, sans danger avoué, une option proposée par un nombre croissant de médecins. Cela illustre à quel point certaines normes contraceptives ont été construites autour de repères sociaux et religieux, et non de preuves physiologiques.


Contrairement aux vraies menstruations, les hémorragies de privation s’accompagnent d’un endomètre très mince (non épaissi par les œstrogènes naturels), de saignements généralement plus courts et plus légers, et d’une absence totale de variations cycliques hormonales, pas de phases folliculaire, ovulatoire ou lutéale. L’absence de saignement sous pilule ne signifie pas non plus absence de grossesse, comme on le croit souvent.

Si vous souhaitez arrêter la pilule, la naturopathie permet de vous accompagner en amont pour éviter l’effet rebond (acné sévère, cycles anarchiques, perte de cheveux…). Des études préliminaires suggèrent par ailleurs que la prise au long cours de contraceptifs oraux peut induire des modifications du microbiote intestinal, notamment une légère diminution de la diversité bactérienne (étude Université de Copenhague, 2021). Si les mécanismes précis restent à élucider, cela constitue une raison supplémentaire d’anticiper et d’accompagner la transition à l’arrêt de la pilule, notamment en soutenant l’œstrobolome.

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Pour aller plus loin dans la compréhension de votre cycle, j'ai créé un livret complet d'initiation à l'observation du cycle, symptothermie, glaire cervicale, température basale, symptômes hormonaux, fiches imprimables et bibliographie scientifique.

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Faire la paix avec son cycle menstruel, ce n’est pas chercher à être linéaire tous les jours. C’est apprendre à accepter et à surfer sur ses propres vagues biologiques.

En changeant de regard sur votre corps et en adaptant votre hygiène de vie, vous pouvez transformer ce qui vous semblait être une contrainte en une véritable force.

Vous méritez de vivre un cycle sans douleur et pleinement épanoui. Reprenez le contrôle de votre équilibre dès aujourd'hui.

Aujourd'hui, nous commençons à réévaluer et à comprendre le cycle menstruel sous un jour plus positif. Au lieu de le voir comme un obstacle ou une contrainte, il est temps de le considérer comme un aspect de la vie qui peut être intégré et apprécié. Chaque phase du cycle menstruel a ses propres caractéristiques et avantages uniques. En apprenant à connaître et à embrasser ces différentes phases, les femmes peuvent améliorer leur bien-être général et leur qualité de vie.

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Un cycle menstruel naturel et en bonne santé dure en moyenne entre 21 et 35 jours. Le chiffre de 28 jours n'est qu'une moyenne statistique et ne représente pas la norme absolue pour toutes les femmes.

Le premier jour de votre cycle correspond toujours au tout premier jour de vos règles franches, c'est-à-dire l'apparition d'un sang rouge vif. Les légers spottings ou pertes marron qui peuvent survenir avant ne comptent pas comme le début du cycle.

Non, des douleurs qui vous empêchent de mener une vie normale ou qui nécessitent de forts anti-douleurs ne sont pas normales. Il est important de consulter un professionnel de santé pour rechercher une éventuelle cause sous-jacente, comme l'endométriose.

En période de stress important, votre corps produit du cortisol en grande quantité. Cette hormone de survie prend la priorité sur la reproduction, ce qui peut bloquer ou retarder votre ovulation, et par conséquent, retarder l'arrivée de vos règles.

La plupart des modèles décrivent 3 à 4 phases (pour certains, l’ovulation n’est pas une vraie phase mais plutôt un événement dans le cycle). Cependant, il est cliniquement utile de distinguer une 5e phase, la phase prémenstruelle (jours 24–28), caractérisée par une chute simultanée des œstrogènes et de la progestérone. Cette chute hormonale, si elle est trop intense, peut être responsable des symptômes du SPM et mérite une attention particulière dans l'accompagnement naturopathique.

L'œstrobolome est l'ensemble des bactéries intestinales capables de métaboliser les œstrogènes. Via l'enzyme bêta-glucuronidase, un microbiote déséquilibré peut remettre en circulation des œstrogènes déjà inactivés par le foie, contribuant à un excès d'œstrogènes et à de nombreux symptômes hormonaux. Prendre soin de son microbiote (fibres, fermentés, réduction des perturbateurs endocriniens) fait partie du soin hormonal global.

Sources 

  • Onieva-Zafra MD et al. Relationship between Diet, Menstrual Pain and other Menstrual Characteristics among Spanish Students. Nutrients. 2020;12(6):1759. doi:10.3390/nu12061759.
  • Tucker JA et al. The Effect of the Menstrual Cycle on Energy Intake: A Systematic Review and Meta-analysis. Nutrition Reviews. 2025;83(3):e866–e876. doi:10.1093/nutrit/nuae093.
  • Rogan MM, Black KE. Dietary energy intake across the menstrual cycle: a narrative review. Nutr Rev. 2023;81(7):869-886. doi:10.1093/nutrit/nuac094.
  • Baker FC, Driver HS. Circadian rhythms, sleep, and the menstrual cycle. Sleep Med. 2007;8(6):613-22. doi:10.1016/j.sleep.2006.09.011.
  • Baker JM et al. Estrogen-gut microbiome axis: Physiological and clinical implications. Maturitas. 2017;103:45-53. doi:10.1016/j.maturitas.2017.06.025. [Œstrobolome]
  • Plottel CS, Blaser MJ. Microbiome and malignancy. Cell Host Microbe. 2011;10(4):324-335. doi:10.1016/j.chom.2011.10.003. [Microbiote et métabolisme des œstrogènes]
  • Hantsoo L, Epperson CN. Premenstrual Dysphoric Disorder: Epidemiology and Treatment. Curr Psychiatry Rep. 2015;17(11):87. doi:10.1007/s11920-015-0628-3. [SPM et chute hormonale prémenstruelle]
Enora BODIN 20 juin 2026
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