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Enora BODIN
Docteur en Science Biologie et Naturopathe en Santé féminine
J'ai décidé de me tourner vers la Naturopathie pour accompagner les femmes. Forte de mes études universitaires (année de médecine puis parcours en Biologie Santé) et de ma curiosité pour la santé naturelle, je propose une naturopathie moderne et scientifique pour un accompagnement complet avec douceur et empathie.
Je propose des séances à distance par visio où que vous soyez en France ou dans le Monde. J'exerce également par en présentiel à Lalinde (à 20 minutes de Bergerac), mais aussi une fois par mois au Bugue (à 30 minutes de Sarlat).
Périménopause et santé cérébrale : la science confirme enfin le lien
La périménopause, vous l'avez peut-être vécue comme une longue période floue. Des symptômes qui s'installent progressivement, sans crier gare. Des bilans sanguins qui reviennent "dans les normes". Et cette sensation persistante que quelque chose a changé dans votre énergie, votre mémoire, votre façon de vous sentir dans votre tête.
Ce que les recherches en neurosciences confirment depuis quelques années, et que la médecine conventionnelle peine encore à intégrer en consultation, c'est ceci : la périménopause est une transition neurologique autant qu'hormonale. La transition dure en moyenne 4 à 8 ans (selon le cadre de référence STRAW+10), mais les premiers changements peuvent débuter jusqu'à une décennie avant les dernières règles.
En tant que naturopathe avec une formation en biologie, c'est l'un des sujets qui me tient le plus à cœur, parce qu'il concerne directement la qualité de vie des femmes que j'accompagne, et parce que la fenêtre d'action est bien plus précoce qu'on ne le croit.
Le cerveau féminin : un organe qui réagit aux oestrogènes
Ce n'est pas une métaphore, le cerveau féminin est littéralement bien construit pour fonctionner avec des œstrogènes.
On dénombre des récepteurs aux œstrogènes dans quasiment toutes les régions cérébrales impliquées dans la cognition, l'humeur et la régulation du système nerveux autonome : le cortex préfrontal (raisonnement, prise de décision), l'hippocampe (mémoire), l'amygdale (émotions), l'hypothalamus (thermorégulation, sommeil, appétit).
L'œstrogène y joue plusieurs rôles simultanément :
- Il optimise le métabolisme énergétique des neurones (leur capacité à utiliser le glucose comme carburant)
- Il favorise la plasticité synaptique (la formation de nouvelles connexions)
- Il module la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline
- Il exerce un effet anti-inflammatoire et neuroprotecteur
Quand sa production commence à fluctuer, ce qui se produit dès la quarantaine pour beaucoup de femmes, c'est tout cet équilibre qui s'ajuste, parfois brutalement, parfois insidieusement.
La fenêtre critique : pourquoi agir dès la quarantaine
C'est ici que les travaux de la neuroscientifique Lisa Mosconi (Weill Cornell Medicine, New York) changent vraiment la donne.
Ses études d'imagerie cérébrale ont montré que les modifications du métabolisme cérébral liées à la chute d'œstrogène commencent pendant la périménopause, pas à la ménopause, pas à 60 ans, mais bien avant. Et que certaines femmes développent dès cette période des biomarqueurs précoces associés à la maladie d'Alzheimer, notamment des dépôts de plaques amyloïdes dans des zones cérébrales clés.
Cela ne signifie pas que la périménopause "cause" Alzheimer. Mais cela signifie deux choses importantes :
- Les femmes représentent deux tiers des malades d'Alzheimer et ce déséquilibre ne s'explique probablement pas uniquement par la longévité, même si la part respective de chaque facteur fait encore débat. Il peut s'expliquer aussi par cette vulnérabilité neurologique spécifique à la transition ménopausique.
- La fenêtre d'action préventive s'ouvre bien plus tôt qu'on ne le pensait. Attendre les premiers signes cognitifs à 65 ou 70 ans pour "s'occuper de son cerveau", c'est passer à côté de deux décennies d'opportunités.
Vous pouvez donc prendre soin de votre cerveau dès maintenant, avec les bons outils.
Ce que je vois en consultation de naturopathie
Les femmes qui arrivent à mon cabinet en périménopause me décrivent rarement leurs symptômes comme "neurologiques". Elles disent qu'elles sont fatiguées, stressées, qu'elles "ne sont plus elles-mêmes".
Ce qui revient le plus souvent :
- Un brouillard mental qui s'est installé progressivement, avec des difficultés à trouver les mots ou à se concentrer sur une tâche longue
- Des réveils nocturnes fréquents, souvent entre 2h et 4h, avec une incapacité à se rendormir
- Une irritabilité ou une anxiété inhabituelles, parfois accompagnées de crises de larmes "sans raison"
- Des bouffées de chaleur qui surviennent surtout dans des moments de stress ou d'émotion intense
- Une impression de "vieillir d'un coup" alors que les examens ne montrent rien d'inquiétant
Aucun de ces symptômes n'est anodin. Tous ont une origine neurobiologique précise. Et tous peuvent être significativement améliorés avec une approche adaptée.

Les leviers naturopathiques pour soutenir votre cerveau
Ce qui me passionne dans la naturopathie appliquée à la santé féminine, c'est que les leviers pour protéger le cerveau pendant cette période ne sont ni abstraits ni inaccessibles. Ils sont documentés scientifiquement et peuvent être mis en place progressivement, en tenant compte de votre profil, de vos contraintes et de votre terrain.
L'alimentation neuroprotectrice
Le régime méditerranéen est le mieux étudié pour la santé cérébrale à long terme. Ses piliers en périménopause : acides gras oméga-3 (poissons gras, graines de lin, noix), polyphénols (baies, thé vert, cacao noir, curcuma), légumes crucifères riches en sulforaphane, et limitation des sucres rapides qui accentuent les pics glycémiques et donc les fluctuations d'énergie cérébrale.
Le sommeil comme priorité neurologique
C'est pendant le sommeil profond que le cerveau active son système glymphatique, un mécanisme d'élimination des déchets métaboliques, dont les protéines précurseurs des plaques amyloïdes. Un sommeil fragmenté chroniquement est l'un des facteurs de risque les plus sous-estimés du déclin cognitif. Optimiser le sommeil en périménopause, c'est travailler directement sur la santé cérébrale à long terme.
La régulation du système nerveux
Les bouffées de chaleur sont amplifiées par l'état nerveux, c'est établi neurologiquement. En revanche, les essais cliniques sont plus contrastés qu'on ne le dit : la respiration rythmée, le yoga et les protocoles de pleine conscience n'ont pas démontré de réduction fiable de la fréquence des bouffées, au point que la NAMS ne les recommande pas dans cette indication précise. Ce qui a été démontré, en revanche, c'est l'efficacité de la thérapie cognitivo-comportementale et de l'hypnose clinique. Autrement dit : elles ne font pas forcément diminuer le nombre de bouffées, mais elles changent la façon dont vous les traversez, ce qui peut toutefois vraiment changer votre résilience et leur impact.
L'activité physique
L'exercice aérobie stimule la production de BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor), une protéine qui favorise la neuroplasticité et protège les neurones. Dans l'étude de référence, un an de marche aérobie à raison de trois séances hebdomadaires suffisait à augmenter d'environ 2 % le volume de l'hippocampe chez des adultes de plus de 55 ans : un gain qui, à cet âge, correspond à un rajeunissement d'environ un à deux ans de cette région.
Les micronutriments ciblés
Magnésium bisglycinate pour le système nerveux et le sommeil, vitamines B (B6, B9, B12) pour le métabolisme neurologique et la régulation hormonale, vitamine D pour son rôle neuroprotecteur, oméga-3 à haute concentration en DHA pour la fluidité membranaire des neurones. La supplémentation pertinente dépend toujours du bilan individuel, c'est pourquoi je ne recommande jamais de protocole générique.
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Et si vous avez des antécédents de cancer hormono-dépendant ?
C'est une question que j'entends régulièrement en séance, et qui mérite une réponse claire.
Beaucoup de femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein, de l'endomètre ou de l'ovairese retrouvent dans une impasse : elles ne peuvent pas (ou ne souhaitent pas) utiliser de traitements hormonaux, et la plupart des compléments "naturels" pour la ménopause contiennent des phytohormones (isoflavones de soja, trèfle rouge, actée à grappe noire) qui sont précisément contre-indiqués dans leur situation.
Pour ces femmes, l'approche naturopathique prend encore plus de sens. Tous les leviers cités plus haut comme l'alimentation, sommeil, régulation nerveuse, micronutrition ciblée sans activité estrogénique, sont compatibles avec ce profil et peuvent apporter un vrai soulagement des symptômes, y compris des bouffées de chaleur.
Avoir des antécédents hormonaux ne signifie pas être condamné à subir les symptômes de la périménopause sans recours. Cela demande simplement une approche plus personnalisée et c'est précisément ce que je propose.
Quoi retenir de tout cela ?
La périménopause est une transition et non une dégradation. Tout comme l'adolescence ou le post-partum, c'est une étape de vie qui s'accompagne de fluctuations hormonales et d'un remodelage des connexions neuronales.
Le cerveau féminin est remarquablement plastique et capable d'adaptation. Les recherches de Mosconi le confirment : les biomarqueurs cérébraux se stabilisent après la ménopause, et certaines femmes traversent cette période avec peu ou pas d'impact cognitif visible, souvent grâce à leur hygiène de vie.
Ce qui fait la différence, c'est d'agir tôt et avec conscience en donnant à son cerveau les ressources dont il a besoin pour se restructurer sereinement.
Si vous vous reconnaissez dans ces symptômes et que vous souhaitez un accompagnement individualisé, je propose des consultations en visio partout en France, ainsi qu'en cabinet à Lalinde en Dordogne
Sources scientifiques
Toutes les affirmations de cet article sont adossées aux références ci-dessous. J’y inclus volontairement des travaux dont les résultats sont négatifs ou nuancés : c’est la seule façon honnête de présenter l’état des connaissances.
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