Enora BODIN
Docteur en Science Biologie et Naturopathe en Santé féminine
J'ai décidé de me tourner vers la Naturopathie pour accompagner les femmes. Forte de mes études universitaires (année de médecine puis parcours en Biologie Santé) et de ma curiosité pour la santé naturelle, je propose une naturopathie moderne et scientifique pour un accompagnement complet avec douceur et empathie.
Je propose des séances à distance par visio où que vous soyez en France ou dans le Monde. J'exerce également par en présentiel à Lalinde (à 20 minutes de Bergerac), mais aussi une fois par mois au Bugue (à 30 minutes de Sarlat).
Depuis toujours, les femmes se transmettent des plantes pour accompagner les règles, les douleurs, les émotions du cycle ou les périodes de fatigue. Aujourd'hui, l'herboristerie connaît un retour en force, et la recherche commence à évaluer scientifiquement certains de ces savoirs.
Mais une plante n'est jamais anodine. Elle contient des principes actifs, elle peut avoir des contre-indications et interagir avec des médicaments. Dans cet article, je te présente 7 plantes pour le cycle menstruel, leurs usages traditionnels, ce que la science en dit et les précautions à connaître.
Pourquoi utiliser les plantes pour accompagner son cycle ?
Des actions multiples
Les plantes du cycle agissent à différents niveaux :
- sur l'axe hormonal, en modulant certaines hormones comme la prolactine ;
- sur l'utérus, en calmant les spasmes ou en tonifiant les tissus ;
- sur le système nerveux, en apaisant l'anxiété et l'irritabilité ;
- sur l'inflammation, en limitant la production de prostaglandines ;
- sur le terrain général, en reminéralisant ou en soutenant la digestion.
Naturel ne veut pas dire sans risque
Le terme « naturel » rassure, mais il faut rester vigilante. Les plantes les plus efficaces sont justement celles qui ont une action pharmacologique réelle. Certaines sont contre-indiquées pendant la grossesse, avec une contraception hormonale ou en cas de pathologie hormonodépendante. Et la qualité du produit (origine, partie de la plante, forme galénique, dosage) change tout.
Mon approche : je choisis rarement une plante « pour un symptôme ». Je choisis une plante pour une personne, en fonction de son terrain, de sa situation hormonale, de ses traitements et de ses préférences.
Les 7 plantes alliées du cycle menstruel
1. Le gattilier (Vitex agnus-castus)
Usage traditionnel : surnommé « poivre des moines », il était utilisé dès l'Antiquité en lien avec la sphère gynécologique.
Ce que dit la science : c'est la plante du cycle la mieux étudiée. Plusieurs essais randomisés contre placebo montrent une efficacité sur le syndrome prémenstruel (irritabilité, humeur, tensions mammaires, maux de tête) [1–3]. Il agirait notamment via les récepteurs dopaminergiques, en réduisant une sécrétion excessive de prolactine [4]. Il est aussi utilisé dans l'insuffisance lutéale et les mastodynies cycliques, avec des preuves plus limitées [5].
Précautions : déconseillé pendant la grossesse et l'allaitement, avec une contraception hormonale, en parcours de PMA, avec les traitements dopaminergiques ou antipsychotiques, et en cas de cancer hormonodépendant [6]. Son action se juge sur 3 cycles au moins.
2. L'achillée millefeuille (Achillea millefolium)
Usage traditionnel : plante emblématique des herboristes, utilisée pour les règles douloureuses, les règles abondantes et comme régulatrice circulatoire. Son nom latin rappelle le héros Achille, qui l'aurait utilisée pour soigner les plaies.
Ce que dit la science : elle contient des flavonoïdes antispasmodiques et des composés anti-inflammatoires. Quelques essais, principalement iraniens, suggèrent un effet sur la douleur menstruelle. Les preuves restent préliminaires [7, 8].
Précautions : allergie aux Astéracées (famille de la camomille, de l'arnica), grossesse, prise d'anticoagulants.
3. L'alchémille (Alchemilla vulgaris)
Usage traditionnel : surnommée « manteau de Notre-Dame », elle est la plante des femmes par excellence dans la tradition européenne. On lui attribue une action « progestérone-like », tonique utérine et astringente, utilisée dans les règles abondantes, le SPM, l'insuffisance lutéale et la préménopause.
Ce que dit la science : riche en tanins, elle a une action astringente démontrée. En revanche, l'effet progestatif n'a pas été démontré chez l'humain : il repose sur l'usage traditionnel et l'observation clinique [9].
Précautions : bonne tolérance générale ; les tanins peuvent réduire l'absorption du fer si elle est prise aux repas.
4. Le gingembre (Zingiber officinale)
Usage traditionnel : épice majeure en ayurveda et en médecine chinoise, utilisée pour « réchauffer » l'utérus et apaiser les douleurs liées au froid.
Ce que dit la science : plusieurs méta-analyses d'essais randomisés montrent que le gingembre en poudre, pris en début de règles, réduit la douleur des règles douloureuses primaires, avec une efficacité comparable à certains anti-inflammatoires dans quelques études. Le niveau de preuve est modéré, et les études souvent de petite taille [10–12].
Précautions : prudence en cas de reflux gastrique important, de calculs biliaires ou de traitement anticoagulant.
5. La mélisse (Melissa officinalis)
Usage traditionnel : plante de l'apaisement, de la digestion nerveuse et de la mélancolie, cultivée dans les jardins de monastères.
Ce que dit la science : des essais montrent un effet sur l'anxiété légère et la qualité du sommeil. Quelques études suggèrent un bénéfice sur les symptômes du SPM, notamment émotionnels [13–15]. Son action antispasmodique digestive est bien connue.
Précautions : prudence en cas d'hypothyroïdie traitée (effet possible sur la thyroïde à fortes doses, surtout décrit in vitro) [16], et avec les sédatifs.
6. La camomille matricaire (Matricaria recutita)
Usage traditionnel : utilisée depuis l'Égypte ancienne pour les spasmes, les troubles digestifs et nerveux, et les douleurs menstruelles.
Ce que dit la science : elle contient de l'apigénine et du bisabolol, aux propriétés antispasmodiques, anti-inflammatoires et légèrement anxiolytiques. Des études suggèrent qu'elle réduit la production de prostaglandines et diminue les douleurs menstruelles [17, 18].
Précautions : allergie aux Astéracées, prise d'anticoagulants.
7. L'ortie (Urtica dioica)
Usage traditionnel : plante reminéralisante et tonique, utilisée en cure au printemps et après les règles pour « reconstruire ».
Ce que dit la science : les feuilles sont riches en minéraux (calcium, magnésium, silice, un peu de fer), en vitamine K et en caroténoïdes. Sa richesse est réelle, mais sa biodisponibilité en tisane reste modeste : c'est un soutien d'appoint. Attention à ne pas confondre les parties de la plante : la racine d'ortie a d'autres indications [19].
Précautions : prudence en cas de traitement anticoagulant (vitamine K), d'insuffisance rénale ou de traitement diurétique.
Quelle plante pour quel besoin ?
- Règles douloureuses : gingembre, camomille matricaire, achillée.
- Syndrome prémenstruel : gattilier, mélisse, alchémille.
- Règles abondantes : alchémille, achillée (en complément d'un bilan médical).
- Anxiété et irritabilité du cycle : mélisse, camomille.
- Fatigue et récupération après les règles : ortie.
Cette grille est un repère, pas une prescription : un SPM anxieux et un SPM avec seins très douloureux ne relèvent pas des mêmes plantes, et le terrain global compte davantage que le symptôme.
Comment utiliser les plantes pour le cycle ?
Les principales formes
- l'infusion : idéale pour les feuilles et fleurs (mélisse, camomille, alchémille, achillée, ortie). Couvrir pendant l'infusion pour préserver les composés volatils ;
- la décoction : pour les racines et écorces (gingembre frais) ;
- les extraits de plantes fraîches standardisés (type EPS), les teintures et les gélules : plus concentrés, plus faciles à doser, utilisés pour le gattilier notamment ;
- les huiles essentielles : très concentrées, à réserver à un usage encadré (massage dilué du ventre par exemple), jamais pendant la grossesse sans avis.
Le bon moment dans le cycle
Certaines plantes se prennent en continu (gattilier), d'autres surtout en phase lutéale (mélisse, alchémille) ou au moment des règles (gingembre, camomille, achillée), et d'autres après les règles (ortie).
La qualité avant tout
Privilégier des plantes issues de l'agriculture biologique ou de cueillette contrôlée, avec le nom latin, la partie utilisée et l'origine indiqués. Les herboristeries et laboratoires reconnus offrent davantage de garanties.
Précautions générales
- grossesse et allaitement : la plupart des plantes du cycle sont déconseillées sans avis ;
- contraception hormonale : certaines plantes (gattilier notamment) ne sont pas pertinentes, et d'autres peuvent interférer ;
- traitements médicamenteux : anticoagulants, antidépresseurs, traitements thyroïdiens, anti-épileptiques… toujours vérifier les interactions ;
- pathologies hormonodépendantes : avis médical indispensable ;
- enfants et adolescentes : dosages et choix spécifiques ;
- règles très abondantes, douleurs invalidantes, cycles très irréguliers : consulter d'abord pour poser un diagnostic.
FAQ : plantes pour le cycle menstruel
Quelle plante pour réguler les cycles ?
Le gattilier est la plante la plus étudiée pour moduler l'axe hormonal. Mais des cycles irréguliers nécessitent d'abord de rechercher la cause (SOPK, thyroïde, stress, déficit énergétique).
Quelle plante contre les douleurs de règles ?
Le gingembre est la plante la mieux étayée par les études. La camomille matricaire et l'achillée sont aussi traditionnellement utilisées.
Les plantes peuvent-elles remplacer un traitement hormonal ?
Non. Elles peuvent accompagner le cycle et soulager certains symptômes, mais elles ne remplacent pas un traitement médical lorsqu'il est nécessaire.
Peut-on prendre ces plantes toute l'année ?
Certaines se prennent en cure de plusieurs cycles, d'autres ponctuellement. Il est préférable de faire des pauses et de réévaluer régulièrement avec un professionnel.
En conclusion
Les plantes pour le cycle menstruel sont des alliées précieuses, héritières d'un savoir transmis depuis des siècles et de plus en plus éclairées par la recherche. Utilisées avec discernement, elles peuvent apaiser les douleurs, adoucir le SPM et soutenir l'énergie. Leur puissance est justement ce qui impose de les choisir avec soin.
Envie d'un protocole de plantes adapté à toi ?
Si tu souhaites intégrer la phytothérapie à un protocole adapté à ton terrain, je t'accompagne en séance bilan, en visio ou au cabinet.
Découvrir la séance bilan- gattilier et gingembre sont les mieux étudiés
- l'alchémille et l'achillée reposent surtout sur la tradition
- mélisse et camomille apaisent le système nerveux et les spasmes
- l'ortie reminéralise en appoint
- grossesse, contraception hormonale et traitements imposent un avis professionnel
À lire aussi
Sources
- Schellenberg R. Treatment for the premenstrual syndrome with agnus castus fruit extract: prospective, randomised, placebo controlled study. BMJ. 2001;322(7279):134-7. doi:10.1136/bmj.322.7279.134
- Verkaik S, Kamperman AM, van Westrhenen R, et al. The treatment of premenstrual syndrome with preparations of Vitex agnus castus: a systematic review and meta-analysis. Am J Obstet Gynecol. 2017;217(2):150-166. doi:10.1016/j.ajog.2017.02.028
- Csupor D, Lantos T, Hegyi P, et al. Vitex agnus-castus in premenstrual syndrome: a meta-analysis of double-blind randomised controlled trials. Complement Ther Med. 2019;47:102190. doi:10.1016/j.ctim.2019.08.024
- Wuttke W, Jarry H, Christoffel V, et al. Chaste tree (Vitex agnus-castus): pharmacology and clinical indications. Phytomedicine. 2003;10(4):348-57. doi:10.1078/094471103322004866
- Ooi SL, Watts S, McClean R, et al. Vitex agnus-castus for the treatment of cyclic mastalgia: a systematic review and meta-analysis. J Womens Health. 2020;29(2):262-278. doi:10.1089/jwh.2019.7770
- Agence européenne des médicaments (EMA), HMPC. Community herbal monograph on Vitex agnus-castus L., fructus. ema.europa.eu
- Jenabi E, Fereidoony B. Effect of Achillea millefolium on relief of primary dysmenorrhea: a double-blind randomized clinical trial. J Pediatr Adolesc Gynecol. 2015;28(5):402-4. doi:10.1016/j.jpag.2014.12.008
- Salehi B, Selamoglu Z, Sevindik M, et al. Achillea spp.: a comprehensive review on its ethnobotany, phytochemistry, phytopharmacology and industrial applications. Cell Mol Biol. 2020;66(4):78-103. PubMed 32583790
- ESCOP. Monographie Alchemillae herba (alchémille). escop.com
- Daily JW, Zhang X, Kim DS, et al. Efficacy of ginger for alleviating the symptoms of primary dysmenorrhea: a systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials. Pain Med. 2015;16(12):2243-55. doi:10.1111/pme.12853
- Pattanittum P, Kunyanone N, Brown J, et al. Dietary supplements for dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev. 2016;3:CD002124. doi:10.1002/14651858.CD002124.pub2
- Moshfeghinia R, Salmanpour M, Ghoshouni H, et al. Ginger for pain management in primary dysmenorrhea: a systematic review and meta-analysis. J Integr Complement Med. 2024;30(11):1016-1030. doi:10.1089/jicm.2023.0799
- Ghazizadeh J, Sadigh-Eteghad S, Marx W, et al. The effects of lemon balm (Melissa officinalis L.) on depression and anxiety in clinical trials: a systematic review and meta-analysis. Phytother Res. 2021;35(12):6690-6705. doi:10.1002/ptr.7252
- Akbarzadeh M, Dehghani M, Moshfeghy Z, et al. Effect of Melissa officinalis capsule on the intensity of premenstrual syndrome symptoms in high school girl students. Nurs Midwifery Stud. 2015;4(2):e27001. doi:10.17795/nmsjournal27001
- Maleki-Saghooni N, Karimi FZ, Behboodi Moghadam Z, et al. The effectiveness and safety of Iranian herbal medicines for treatment of premenstrual syndrome: a systematic review. Avicenna J Phytomed. 2018;8(2):96-113. PubMed 29632841
- Auf'mkolk M, Ingbar JC, Kubota K, et al. Extracts and auto-oxidized constituents of certain plants inhibit the receptor-binding and the biological activity of Graves' immunoglobulins. Endocrinology. 1985;116(5):1687-93. doi:10.1210/endo-116-5-1687 (étude in vitro)
- Srivastava JK, Shankar E, Gupta S. Chamomile: a herbal medicine of the past with bright future. Mol Med Rep. 2010;3(6):895-901. doi:10.3892/mmr.2010.377
- Soh et al. Effects of chamomile and L-theanine beverage on menstrual pain, menstrual symptoms, mood, and sleep quality in young women experiencing primary dysmenorrhea: a randomized, double-blind, placebo-controlled study. J Food Drug Anal. 2025;33(4):381-390. doi:10.38212/2224-6614.3565 (camomille associée à la L-théanine)
- Agence européenne des médicaments (EMA), HMPC. Community herbal monograph on Urtica dioica L. ; Urtica urens L., folium. ema.europa.eu
Les usages traditionnels cités reposent sur l'herboristerie européenne, l'ayurveda et la médecine chinoise : ils ne sont pas tous évalués par des essais cliniques.
Article rédigé par Enora Bodin, docteure en biologie et naturopathe spécialisée en santé féminine. Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent ni un diagnostic, ni un traitement médical. Elles ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.
Depuis toujours, les femmes se transmettent des plantes pour accompagner les règles, les douleurs, les émotions du cycle ou les périodes de fatigue. Aujourd'hui, l'herboristerie connaît un retour en force, et la recherche commence à évaluer scientifiquement certains de ces savoirs.
Mais une plante n'est jamais anodine. Elle contient des principes actifs, elle peut avoir des contre-indications et interagir avec des médicaments. Dans cet article, je te présente 7 plantes pour le cycle menstruel, leurs usages traditionnels, ce que la science en dit et les précautions à connaître.
Pourquoi utiliser les plantes pour accompagner son cycle ?
Des actions multiples
Les plantes du cycle agissent à différents niveaux :
- sur l'axe hormonal, en modulant certaines hormones comme la prolactine ;
- sur l'utérus, en calmant les spasmes ou en tonifiant les tissus ;
- sur le système nerveux, en apaisant l'anxiété et l'irritabilité ;
- sur l'inflammation, en limitant la production de prostaglandines ;
- sur le terrain général, en reminéralisant ou en soutenant la digestion.
Naturel ne veut pas dire sans risque
Le terme « naturel » rassure, mais il faut rester vigilante. Les plantes les plus efficaces sont justement celles qui ont une action pharmacologique réelle. Certaines sont contre-indiquées pendant la grossesse, avec une contraception hormonale ou en cas de pathologie hormonodépendante. Et la qualité du produit (origine, partie de la plante, forme galénique, dosage) change tout.
Mon approche : je choisis rarement une plante « pour un symptôme ». Je choisis une plante pour une personne, en fonction de son terrain, de sa situation hormonale, de ses traitements et de ses préférences.
Les 7 plantes alliées du cycle menstruel
1. Le gattilier (Vitex agnus-castus)
Usage traditionnel : surnommé « poivre des moines », il était utilisé dès l'Antiquité en lien avec la sphère gynécologique.
Ce que dit la science : c'est la plante du cycle la mieux étudiée. Plusieurs essais randomisés contre placebo montrent une efficacité sur le syndrome prémenstruel (irritabilité, humeur, tensions mammaires, maux de tête) [1–3]. Il agirait notamment via les récepteurs dopaminergiques, en réduisant une sécrétion excessive de prolactine [4]. Il est aussi utilisé dans l'insuffisance lutéale et les mastodynies cycliques, avec des preuves plus limitées [5].
Précautions : déconseillé pendant la grossesse et l'allaitement, avec une contraception hormonale, en parcours de PMA, avec les traitements dopaminergiques ou antipsychotiques, et en cas de cancer hormonodépendant [6]. Son action se juge sur 3 cycles au moins.
2. L'achillée millefeuille (Achillea millefolium)
Usage traditionnel : plante emblématique des herboristes, utilisée pour les règles douloureuses, les règles abondantes et comme régulatrice circulatoire. Son nom latin rappelle le héros Achille, qui l'aurait utilisée pour soigner les plaies.
Ce que dit la science : elle contient des flavonoïdes antispasmodiques et des composés anti-inflammatoires. Quelques essais, principalement iraniens, suggèrent un effet sur la douleur menstruelle. Les preuves restent préliminaires [7, 8].
Précautions : allergie aux Astéracées (famille de la camomille, de l'arnica), grossesse, prise d'anticoagulants.
3. L'alchémille (Alchemilla vulgaris)
Usage traditionnel : surnommée « manteau de Notre-Dame », elle est la plante des femmes par excellence dans la tradition européenne. On lui attribue une action « progestérone-like », tonique utérine et astringente, utilisée dans les règles abondantes, le SPM, l'insuffisance lutéale et la préménopause.
Ce que dit la science : riche en tanins, elle a une action astringente démontrée. En revanche, l'effet progestatif n'a pas été démontré chez l'humain : il repose sur l'usage traditionnel et l'observation clinique [9].
Précautions : bonne tolérance générale ; les tanins peuvent réduire l'absorption du fer si elle est prise aux repas.
4. Le gingembre (Zingiber officinale)
Usage traditionnel : épice majeure en ayurveda et en médecine chinoise, utilisée pour « réchauffer » l'utérus et apaiser les douleurs liées au froid.
Ce que dit la science : plusieurs méta-analyses d'essais randomisés montrent que le gingembre en poudre, pris en début de règles, réduit la douleur des règles douloureuses primaires, avec une efficacité comparable à certains anti-inflammatoires dans quelques études. Le niveau de preuve est modéré, et les études souvent de petite taille [10–12].
Précautions : prudence en cas de reflux gastrique important, de calculs biliaires ou de traitement anticoagulant.
5. La mélisse (Melissa officinalis)
Usage traditionnel : plante de l'apaisement, de la digestion nerveuse et de la mélancolie, cultivée dans les jardins de monastères.
Ce que dit la science : des essais montrent un effet sur l'anxiété légère et la qualité du sommeil. Quelques études suggèrent un bénéfice sur les symptômes du SPM, notamment émotionnels [13–15]. Son action antispasmodique digestive est bien connue.
Précautions : prudence en cas d'hypothyroïdie traitée (effet possible sur la thyroïde à fortes doses, surtout décrit in vitro) [16], et avec les sédatifs.
6. La camomille matricaire (Matricaria recutita)
Usage traditionnel : utilisée depuis l'Égypte ancienne pour les spasmes, les troubles digestifs et nerveux, et les douleurs menstruelles.
Ce que dit la science : elle contient de l'apigénine et du bisabolol, aux propriétés antispasmodiques, anti-inflammatoires et légèrement anxiolytiques. Des études suggèrent qu'elle réduit la production de prostaglandines et diminue les douleurs menstruelles [17, 18].
Précautions : allergie aux Astéracées, prise d'anticoagulants.
7. L'ortie (Urtica dioica)
Usage traditionnel : plante reminéralisante et tonique, utilisée en cure au printemps et après les règles pour « reconstruire ».
Ce que dit la science : les feuilles sont riches en minéraux (calcium, magnésium, silice, un peu de fer), en vitamine K et en caroténoïdes. Sa richesse est réelle, mais sa biodisponibilité en tisane reste modeste : c'est un soutien d'appoint. Attention à ne pas confondre les parties de la plante : la racine d'ortie a d'autres indications [19].
Précautions : prudence en cas de traitement anticoagulant (vitamine K), d'insuffisance rénale ou de traitement diurétique.
Quelle plante pour quel besoin ?
- Règles douloureuses : gingembre, camomille matricaire, achillée.
- Syndrome prémenstruel : gattilier, mélisse, alchémille.
- Règles abondantes : alchémille, achillée (en complément d'un bilan médical).
- Anxiété et irritabilité du cycle : mélisse, camomille.
- Fatigue et récupération après les règles : ortie.
Cette grille est un repère, pas une prescription : un SPM anxieux et un SPM avec seins très douloureux ne relèvent pas des mêmes plantes, et le terrain global compte davantage que le symptôme.
Comment utiliser les plantes pour le cycle ?
Les principales formes
- l'infusion : idéale pour les feuilles et fleurs (mélisse, camomille, alchémille, achillée, ortie). Couvrir pendant l'infusion pour préserver les composés volatils ;
- la décoction : pour les racines et écorces (gingembre frais) ;
- les extraits de plantes fraîches standardisés (type EPS), les teintures et les gélules : plus concentrés, plus faciles à doser, utilisés pour le gattilier notamment ;
- les huiles essentielles : très concentrées, à réserver à un usage encadré (massage dilué du ventre par exemple), jamais pendant la grossesse sans avis.
Le bon moment dans le cycle
Certaines plantes se prennent en continu (gattilier), d'autres surtout en phase lutéale (mélisse, alchémille) ou au moment des règles (gingembre, camomille, achillée), et d'autres après les règles (ortie).
La qualité avant tout
Privilégier des plantes issues de l'agriculture biologique ou de cueillette contrôlée, avec le nom latin, la partie utilisée et l'origine indiqués. Les herboristeries et laboratoires reconnus offrent davantage de garanties.
Précautions générales
- grossesse et allaitement : la plupart des plantes du cycle sont déconseillées sans avis ;
- contraception hormonale : certaines plantes (gattilier notamment) ne sont pas pertinentes, et d'autres peuvent interférer ;
- traitements médicamenteux : anticoagulants, antidépresseurs, traitements thyroïdiens, anti-épileptiques… toujours vérifier les interactions ;
- pathologies hormonodépendantes : avis médical indispensable ;
- enfants et adolescentes : dosages et choix spécifiques ;
- règles très abondantes, douleurs invalidantes, cycles très irréguliers : consulter d'abord pour poser un diagnostic.
FAQ : plantes pour le cycle menstruel
Quelle plante pour réguler les cycles ?
Le gattilier est la plante la plus étudiée pour moduler l'axe hormonal. Mais des cycles irréguliers nécessitent d'abord de rechercher la cause (SOPK, thyroïde, stress, déficit énergétique).
Quelle plante contre les douleurs de règles ?
Le gingembre est la plante la mieux étayée par les études. La camomille matricaire et l'achillée sont aussi traditionnellement utilisées.
Les plantes peuvent-elles remplacer un traitement hormonal ?
Non. Elles peuvent accompagner le cycle et soulager certains symptômes, mais elles ne remplacent pas un traitement médical lorsqu'il est nécessaire.
Peut-on prendre ces plantes toute l'année ?
Certaines se prennent en cure de plusieurs cycles, d'autres ponctuellement. Il est préférable de faire des pauses et de réévaluer régulièrement avec un professionnel.
En conclusion
Les plantes pour le cycle menstruel sont des alliées précieuses, héritières d'un savoir transmis depuis des siècles et de plus en plus éclairées par la recherche. Utilisées avec discernement, elles peuvent apaiser les douleurs, adoucir le SPM et soutenir l'énergie. Leur puissance est justement ce qui impose de les choisir avec soin.
Envie d'un protocole de plantes adapté à toi ?
Si tu souhaites intégrer la phytothérapie à un protocole adapté à ton terrain, je t'accompagne en séance bilan, en visio ou au cabinet.
Découvrir la séance bilan- gattilier et gingembre sont les mieux étudiés
- l'alchémille et l'achillée reposent surtout sur la tradition
- mélisse et camomille apaisent le système nerveux et les spasmes
- l'ortie reminéralise en appoint
- grossesse, contraception hormonale et traitements imposent un avis professionnel
À lire aussi
Sources
- Schellenberg R. Treatment for the premenstrual syndrome with agnus castus fruit extract: prospective, randomised, placebo controlled study. BMJ. 2001;322(7279):134-7. doi:10.1136/bmj.322.7279.134
- Verkaik S, Kamperman AM, van Westrhenen R, et al. The treatment of premenstrual syndrome with preparations of Vitex agnus castus: a systematic review and meta-analysis. Am J Obstet Gynecol. 2017;217(2):150-166. doi:10.1016/j.ajog.2017.02.028
- Csupor D, Lantos T, Hegyi P, et al. Vitex agnus-castus in premenstrual syndrome: a meta-analysis of double-blind randomised controlled trials. Complement Ther Med. 2019;47:102190. doi:10.1016/j.ctim.2019.08.024
- Wuttke W, Jarry H, Christoffel V, et al. Chaste tree (Vitex agnus-castus): pharmacology and clinical indications. Phytomedicine. 2003;10(4):348-57. doi:10.1078/094471103322004866
- Ooi SL, Watts S, McClean R, et al. Vitex agnus-castus for the treatment of cyclic mastalgia: a systematic review and meta-analysis. J Womens Health. 2020;29(2):262-278. doi:10.1089/jwh.2019.7770
- Agence européenne des médicaments (EMA), HMPC. Community herbal monograph on Vitex agnus-castus L., fructus. ema.europa.eu
- Jenabi E, Fereidoony B. Effect of Achillea millefolium on relief of primary dysmenorrhea: a double-blind randomized clinical trial. J Pediatr Adolesc Gynecol. 2015;28(5):402-4. doi:10.1016/j.jpag.2014.12.008
- Salehi B, Selamoglu Z, Sevindik M, et al. Achillea spp.: a comprehensive review on its ethnobotany, phytochemistry, phytopharmacology and industrial applications. Cell Mol Biol. 2020;66(4):78-103. PubMed 32583790
- ESCOP. Monographie Alchemillae herba (alchémille). escop.com
- Daily JW, Zhang X, Kim DS, et al. Efficacy of ginger for alleviating the symptoms of primary dysmenorrhea: a systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials. Pain Med. 2015;16(12):2243-55. doi:10.1111/pme.12853
- Pattanittum P, Kunyanone N, Brown J, et al. Dietary supplements for dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev. 2016;3:CD002124. doi:10.1002/14651858.CD002124.pub2
- Moshfeghinia R, Salmanpour M, Ghoshouni H, et al. Ginger for pain management in primary dysmenorrhea: a systematic review and meta-analysis. J Integr Complement Med. 2024;30(11):1016-1030. doi:10.1089/jicm.2023.0799
- Ghazizadeh J, Sadigh-Eteghad S, Marx W, et al. The effects of lemon balm (Melissa officinalis L.) on depression and anxiety in clinical trials: a systematic review and meta-analysis. Phytother Res. 2021;35(12):6690-6705. doi:10.1002/ptr.7252
- Akbarzadeh M, Dehghani M, Moshfeghy Z, et al. Effect of Melissa officinalis capsule on the intensity of premenstrual syndrome symptoms in high school girl students. Nurs Midwifery Stud. 2015;4(2):e27001. doi:10.17795/nmsjournal27001
- Maleki-Saghooni N, Karimi FZ, Behboodi Moghadam Z, et al. The effectiveness and safety of Iranian herbal medicines for treatment of premenstrual syndrome: a systematic review. Avicenna J Phytomed. 2018;8(2):96-113. PubMed 29632841
- Auf'mkolk M, Ingbar JC, Kubota K, et al. Extracts and auto-oxidized constituents of certain plants inhibit the receptor-binding and the biological activity of Graves' immunoglobulins. Endocrinology. 1985;116(5):1687-93. doi:10.1210/endo-116-5-1687 (étude in vitro)
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Les usages traditionnels cités reposent sur l'herboristerie européenne, l'ayurveda et la médecine chinoise : ils ne sont pas tous évalués par des essais cliniques.
Article rédigé par Enora Bodin, docteure en biologie et naturopathe spécialisée en santé féminine. Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent ni un diagnostic, ni un traitement médical. Elles ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.